3ème Forum des exploitations 2015



3ème Forum des exploitations 2015

Agro-écologie et « Enseigner à produire autrement »

Les exploitations de l’enseignement agricole public ont organisé leur 3ème forum  au lycée agricole de  Carpentras, le 6 octobre 2015

Dés l’accueil, le livret programme était disponible : retrouvez-le ICI

6 établissements avec 250 élèves ont pu participer à cette journée, comme une centaine d’adultes : enseignants, formateurs, directeurs d’établissement mais aussi partenaires institutionnels et professionnels.

Lors des interventions d’ouverture de la journée, l’implication de l’enseignement agricole public a été unanimement soulignée : implication dans des actions innovantes pour la transition agro-écologique pour une triple performance des exploitations agricoles.

Après l’accueil de Jérôme Burq, directeur de d’établissement, Georgia Lambertin, agricultrice  dans le Vaucluse et présidente du Conseil d’administration de l’établissement, a insisté sur le regard nouveau de la profession sur l’environnement facteur de production, et sur le rôle d’expérimentations innovantes en agro-écologie. Puis François Goussé, DRAAF Provence-Alpes-Côtes d'Azur, soulignant l’implication des établissements de la région dans le plan « Enseigner à produire autrement » a également fait le lien avec le changement climatique impactant l’agriculture très diversifiée de la région. Christine Lagrange, élue représentant la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur, a rappelé l’importance des financements régionaux pour la modernisation des exploitations des établissements et l’appui de la région à la plupart des actions menées par le CRIPT Provence-Alpes-Côtes d'Azur, plateforme d’animation et de mutualisation de l’enseignement agricole public. Marie-Paule Chauvet, représentante de la chambre régionale d’agriculture, a insisté sur les échanges constructifs entre les professionnels et les établissements de formation. Pour terminer Elisabeth Lescoat, représentante du Ministère de l’agriculture, après avoir félicité la région pour son dynamisme et son implication dans les plans nationaux du ministère dont les plans Ecophyto et ambition BIO, a rappelé les moyens mis à la disposition des établissements comme les décharges horaires pour des projets (dit « tiers-temps ») et les chefs de projet, les subventions pour des projets en agro-écologie comme le projet en agroforesterie de l’exploitation du lycée horticole d’Antibes.

Ensuite, face à un amphithéâtre complet, Philippe Pointereau de SOLAGRO, entreprise associative œuvrant depuis des années pour la réconciliation de l’agronomie et de l’écologie, a comblé le public, grâce à un brillant exposé.


« La biodiversité au service de la production agricole, quelles pratiques mettre en œuvre ? Quels enjeux ? »

Quelques constats sont à souligner pour dresser un état des lieux :

- Comprendre que « tout est lié » : biodiversité, changement climatique, « nourrir le monde »  mais aussi la diminution des énergies fossiles, la création de nouveaux emplois...

- La production agricole stagne donc pour « nourrir la planète », les consommations alimentaires doivent changer : moins de gaspillage, de lait, de viande mais plus de fruits, légumes et céréales.

- Des espèces disparaissent et des zones agricoles à haute valeur naturelle régressent : les prés vergers, les haies et bosquets... ( 20 000 ha détruits par an)

Pourtant, les infra-structures agroécologiques ou IAE représentent « ce qui tient la maison » et après l’approche naturaliste des années « Natura 2000 », l’approche fonctionnelle est en jeu : la biodiversité participe aux systèmes agricoles et elle est un « moteur » de l’agriculture : semences adaptées aux conditions de milieu, pollinisateurs, auxiliaires contrôlant la prolifération des ravageurs, vie du sol...

Dans le sud-ouest de la France, 170 espèces d’abeilles, autres que l’abeille domestique, ont été recensées et ces espèces ne peuvent se maintenir que si les IAE sont maintenues.

Donc l’agro-écologie doit favoriser la résilience, « capacité à résister au choc », et la mettre au cœur de toutes les pratiques agricoles : de l’agronomie à l’économique et au sociale. Dans cette logique, les circuits de commercialisation de proximité permettent de ne plus avoir la pression des marchés mondiaux et réconcilient producteurs et consommateurs. De plus, complexifier les parcelles et les paysages en associant arbres et cultures en agroforesterie, en implantant des haies, des cultures intermédiaires, des cultures associées, permet d’obtenir 6 produits sur la même parcelle.

Quelques exemples de liens entre les espèces sont précisés :

- le rôle des adventices dans les chaines alimentaires,

- l’accueil des pollinisateurs dans les infrastructures agro-écologiques,

- le rôle des auxiliaires pour contrôler les populations de ravageurs,

- le rôle des bandes fleuries dans l’accueil d’auxiliaires permettant la diminution des dégâts,

-le rôle des infrastructures agro-écologiques pour les cycles des auxiliaires (alimentation, refuge, hibernation ou estivation...)

Et pour terminer, des auxiliaires sont présentés : coccinelles, carabes, araignées, guêpes parasitoïdes, punaises, trichogrammes...et un site collaboratif herbea constitue un outil permettant de recenser toutes les données de protection intégrée des cultures. Retrouvez le diaporama présenté ICI

Après cette conférence, interviewés par F. Degache, chargée de mission « Enseigner  produire autrement », les directeurs d’exploitations ont présenté leurs actions que vous pouvez retrouver en images :

L’exploitation de l’EPL de St Rémy de Provence  avec P. Joly-Bailly


L’exploitation de l’EPL de Valabre avec M. Nevière


L’exploitation de Carpentras avec I. Pelegrin


                  

L’exploitation de l’EPL d’Orange avec M. Aguirre


 

Voir aussi :

 

L’exploitation de l’Isle sur Sorgue/Avignon  avec L. Charpentier



Voir aussi :

 

L’exploitation de l’EPL de Hyères  avec L. Richard


 

 

L’exploitation de l’EPL d’Antibes avec C. Fontana


 

L’exploitation de l’EPL de Digne-Carmejane avec F. Demarquet


                                    

L’exploitation de l’EPL de Gap


 

Voir aussi :


L’après-midi fut consacrée à des ateliers pour découvrir des pratiques en agro-écologie. Pour réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques avec C. Reynaud de la station expérimentale La Tapy :  

Optidose et l'un des outils utilisé pour réduire les doses de fongicides dans le réseau de fermes DEPHY « Ecophyto."

« L'objectif des essais menés sur plusieurs parcelles, dont une parcelle du Lycée Agricole Louis Giraud, est l'optimisation et la réduction des doses de fongicides (contre le mildiou et l'oïdium) sur raisin de table, au moyen d'un concept initié, développé et validé sur vigne de cuve par l'Institut Français des Vins : OPTIDOSE . Ces essais ont permis d'étudier la faisabilité, les contraintes et les adaptations possibles d'un tel outil sur des vignes de raisin de table à palissage haut et large (exemple de la Lyre). Le module Optidose permet de calculer une réduction potentielle des doses de produits selon le volume foliaire, le stade phénologique et la pression parasitaire.»

 

Des suivis de Biodiversité : protocoles OAB et des outils pour mieux connaitre la faune auxiliaire avec  V. Sibé de la Chambre d’agriculture 84 et C.Buger du CME-CPIE 84

Dés 2010, la chambre d'agriculture du Vaucluse a participé à l'étude de faisabilité des protocoles de l'Observatoire Agricole de la Biodiversité: OAB. Actuellement, dans le cadre d'un programme régional suivi par la chambre régionale d'agriculture, elle accompagne à la mise en place et aux suivis de 4 protocoles proposés par le Museum National d'Histoire Naturelle: MNHN, en vue de mieux connaître la biodiversité ordinaire en milieu agricole. De plus, dans le cadre du programme AGRIFAUNE, la chambre a travaillé avec la Fédération Départementale des Chasseurs du Vaucluse et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, pour conjuguer leurs efforts au profit d’une agriculture et d’une pratique de la chasse en harmonie avec les milieux et la biodiversité, en particulier dans les zones de viticulture et d’arboriculture.

Journée OAB à Valabre en 2014  avec la chambre d’agricuture 13 et intervention du CME-CPIE lors du forum

Avec le CME-CPIE du Vaucluse qui a participé au programme INTERAGRI « Agriculteurs , ambassadeurs de la biodiversité », venez découvrir comment valoriser auprès du public, la biodiversité d’une exploitation. L'hôtel à insectes permet d'accueillir des auxiliaires utiles face aux ravageurs. Découvrez « qui mange qui », et « pourquoi la présence des êtres vivants est une alternative à l'utilisation des produits phytopharmaceutiques ? ». « Comment favoriser l'accueil de la biodiversité sur un domaine agricole ? »

Comment évaluer la qualité des infrastructures agro-écologiques d’une exploitation vis à vis de la biodiversité ? Présentation de l’indicateur I-aménagement, avec J. M. Ricard du CTIFL de Balandran

Par exemple : comment décrire la qualité écologique d’une haie de façon simple ? autrement dit qu’est-ce qui fait qu’une haie offre un potentiel de ressources et d’abris important et relativement large pour de nombreuses espèces ? 

A partir de quelques questions générales sur la biodiversité dans les milieux agricoles l’objectif est de montrer l’importance des habitats semi-naturels et des infrastructures agro-écologiques (IAE) vis-à-vis de la biodiversité et en conséquence de s’interroger sur comment peut-on évaluer la qualité de ces IAE (pour avoir une indication du potentiel de biodiversité) ?

 

Cartographie réalisée sur le Domaine Louis Giraud

Des procédés de traitement des effluents phytopharmaceutiques : Phytobac© et le Phytobarre©, avec S. Bonnand de la société Bayer (Phytobac©) et C. Escoffier/G. Barre/ D. Garcia(Phytobarre©),

Pour préserver la qualité de l'eau, la réglementation impose de traiter les effluents phytopharmaceutiques depuis l’arrêté du 12 septembre 2006.

Des Elèves pendant l'Atelier

Le Phytobac® mis au point par Bayer recrée les conditions d'un sol en circuit fermé afin de bénéficier, en accéléré, du pouvoir de dégradation des micro-organismes. La recette repose sur un principe naturel, le pouvoir épurateur des micro-organismes qui se trouvent naturellement dans la terre, et sur deux phénomènes physico-chimiques : la dégradation et l’évaporation. Mais, pour que ce processus biologique s’accomplisse efficacement et en continu, il faut créer les bonnes conditions, et là, la technologie entre en jeu.

Phytobarre© est un procédé innovant de traitement des effluents phytopharmaceutiques par des bactéries photosynthétiques sélectionnées au laboratoire. La démonstration de son efficacité et de sa pertinence est financée par le dispositif européen Life dans le cadre du projet Life-Phytobarre. Ce projet consiste en la mise en place de démonstrateurs dans des exploitations agricoles et du suivi de la dégradation des différentes molécules actives issues du lavage des pulvérisateurs, de leur fond de cuve et des tracteurs dans des bassins de lagunage. Par ailleurs, ce projet vise aussi à analyser les usages existants à ce propos et à recueillir le sentiment des agriculteurs sur l’obligation de traiter ce type d’effluents.

 

Comment concilier protection des cultures et pollinisateurs sur une exploitation agricole avec P. Jourdan de l'ADAPI

Diapositive de la conférence de P. Pointereau

Pour terminer, remercions le personnel de l’exploitation et tous les élèves/ étudiants de l’établissement de formation agricole de Carpentras, sans qui cette journée n’aurait pas pu être une réussite :

(Article : F.DEGACHE, 2015)




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