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Jean-Claude BOUCAUD
(Directeur de L'EPLEFPA "VERT D'AZUR" Antibes ) :
"Aujourd'hui l'organisateur c'est d'abord "Agribio 06" qui nous a permis de construire un vrai partenariat. Nous, on a mis l'établissement à disposition et, en même temps, un certain nombre de travaux pédagogiques ont été réalisés autour des thèmes agriculture biologique, biodiversité... Sans oublier tous les aspects culturels. C'est important aussi de les mettre en avant… Nous (en tant qu'établissement d'enseignement et de formation) on a vraiment tout à y gagner."
Une "première" magistrale
Jean-François TRIPODI
(Président de AGRIBIO 06) :
"Aujourd'hui, au Lycée Horticole, on est une cinquantaine de producteurs (le département en compte 180) On a donc une belle représentation de ce qui se fait dans le département. On a pratiquement toutes les productions représentées…
C'est une occasion de montrer que l'agriculture biologique représente beaucoup de monde dans le département, elle a de l'avenir…"
"L'enseignement mené au Lycée avec le module "option bio" va dans le sens que nous on espérait. Rien que pour cela notre présence ici se justifierait, pour encourager les gens qui font l'effort de s'engager... On venait déjà pour intervenir dans le stage 40 heures agriculture bio mais ça s'arrêtait là. Depuis l'arrivée de Monsieur Boucaud on a constaté un changement dans la manière d'aborder l'agriculture bio."
"Il existe d'autres marchés bio dans le département. Il y a les marchés bio hebdomadaires au plan départemental ; mais l'occasion pour les producteurs d'essayer de gérer eux-mêmes leur marché c'est une première… Habituellement nous sommes invités par les marchés existants, là on a essayé de tout maîtriser."
Jean-Claude BOUCAUD :
"Pour nous, le partenariat est déjà à plusieurs niveaux. Aujourd'hui l'enseignement doit se rapprocher de la profession (vers le Pdt). Il est vrai que vous êtes des acteurs importants dans la formation, soit au niveau des stages, soit au niveau de l'apprentissage. Après, le partenariat c'est aussi une implication des enseignants, des élèves, des étudiants. Et cette implication leur a permis de mettre en place un certain nombre d'actions pédagogiques et ce qui est intéressant c'est que ces actions pédagogiques ont été menées aussi bien sur le volet paysage que sur la partie production et la thématique c'est vraiment de dire toutes les actions doivent être menées en agriculture biologique autour des thèmes de biodiversité et sur le champ agri-culturel. Je pense aussi que l'intérêt c'est aussi d'ouvrir, de présenter nos exploitations agricoles qui nous sont chères."
"En même temps sur le volet support pédagogique grandeur nature, avec en même temps je pense à tout ce qui est expérimentation, innovation des développements. Là, aujourd'hui, ce que j'essaye de mener sur l'établissement c'est de dire aujourd'hui il y a des systèmes conventionnels et l'objectif c'est vraiment d'intégrer la dimension technique et environnementale et en même temps sociale - il faut aussi tenir compte de ça - et en essayant de faire une comparaison entre les systèmes production conventionnelle avec des systèmes alternatifs comme l'agriculture biologique…"
(…) "Il y a déjà un nouveau projet qui est en train de nous lier puisqu'on a profité de ce partenariat pour mettre en place une démarche de certification bio sur notre atelier production maraichage. On est déjà dans une dynamique qui pourra faire évoluer en même temps notre exploitation…"
Jean-François Tripodi : " L'agriculture biologique c'est d'abord un cahier des charges après il y a un contrôleur qui passe et qui valide ou pas le travail accompli. Et c'est un organisme indépendant qui fait ce contrôle… Nous ce que l'on fait c'est mettre à disposition du lycée, si besoin est, nos techniciens, notre aide administrative ou autre, pour faire avancer le projet du Lycée. (...) De lien institutionnel disons qu'on n'en a pas trop… C'est à dire qu'on est lié à la Chambre, on est partenaire de la Chambre d'Agriculture mais on a notre propre réseau en bio : réseau régional et national, une structure juridique la CNAB, on travaille en partenariat avec qui veut bien travailler avec nous… Il ne faut surtout pas être cloisonnés, fermés. Nous on est ouvert à tout. "
Jean-Claude Boucaud : "Sur l'exploitation, depuis que je suis arrivé, mon objectif c'est de dire nous sommes bien sur l'éducation au développement durable. Ça veut dire qu'il faut que nous fassions évoluer nos systèmes. On est sur des systèmes - il faut le dire - très conventionnels et à notre portée on a le système de production de l'agriculture biologique… Si tout ne va pas tout de suite en agriculture biologique, il y a la possibilité de tendre vers ça ; c'est-à-dire la protection biologique intégrée…"
Jean-François Tripodi : "Clairement, depuis 15 ans que je milite, j'ai vu une évolution très rapide, en 5 ans on a vu une évolution très rapide, peut être un peu trop rapide ? Parce que nous agriculteurs, on veut garder la maîtrise de cette évolution… Nous ne voulons pas que la bio tombe dans les mains d'un industriel qui voudrait dévoyer le système. Il faut donc être attentif bien sûr mais il faut bien reconnaître que l'évolution est très très nette.(...) Il y a aussi un apprentissage de la part du consommateur… Il est vrai que l'aspect gustatif doit être un travail. On doit apprendre aux gens à reconnaître un bon produit. Il y a des repères à prendre, des choses qui changent, etc. J'ai des collègues qui travaillent en bio-dynamie et qui sont fiers des changements qui sont intervenus aussi sur le plan gustatif. C'est formidable d'entendre parler comme ça. "
Jean-Claude Boucaud : "La synergie entre producteurs et enseignants elle prend naissance sur la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche. Cette loi (juillet 2010) a défini des grands axes et un parmi eux définit les politiques publiques à mettre en place sur l'alimentation avec le programme national en alimentation qui tend vers l'agriculture biologique. Il y a aussi tout un volet sur les dispositions relatives à la mise en place des formations. Suite à cette loi de modernisation, aujourd'hui pratiquement tous les référentiels de l'enseignement agricole ont été rénovés et à chaque fois on a intégré les modes de production en Agriculture Biologique. Ce n'est pas anodin."