Dans l’Art L111-1 du code l’éducation, le service public de l’éducation reconnaît que tous les enfants partagent la capacité d'apprendre et de progresser. Il veille à l'inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction. L’objectif de fonder réellement une école inclusive s’inscrit dans un projet global de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité des chances dans chacun des établissements. Néanmoins force est de constater que la prise en compte des jeunes à besoins particuliers, dans leur pluralité ou leur diversité, engendre une déstabilisation de la situation ordinaire de travail des personnels enseignants et d’éducation. (Problèmes scolaires, moteurs, psychiques, comportementaux ou cognitifs). La prise en compte de la différence réinterroge les projets d’établissements et la professionnalité des acteurs qu’il faut soutenir. Faisons le pari que l’enseignement qui accorde une attention plus grande aux élèves en situation de handicap a des retombées positives sur l’ensemble des élèves ainsi que sur la vie au sein de l’établissement. C’est à un idéal démocratique et de justice que participe l’enseignement agricole.
Une volonté politique marquée
Le Ministère de l’Agriculture s'engage pour l'accueil des personnes en situation de handicap et se donne trois objectifs :
Ces objectifs participent à l'application de la loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées (Loi 2005-102).
Des actions sont mises en œuvre dans les établissements d'enseignement technique et supérieur relevant du ministère en charge de l'agriculture.
La prise en compte du handicap dans la société est une priorité gouvernementale.
propose une nouvelle définition du handicap :
"Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant." (Article L114)
La Loi de 2005 intègre une première évolution : l'entrée dans le champ du handicap des troubles cognitifs et des troubles psychiques.
Deuxième évolution : ce sont dorénavant les conséquences sur une situation du quotidien définie subies par la personne porteuse d'un dysfonctionnement qui définit le handicap et non plus la cause. La loi introduit donc une nouvelle manière de concevoir le handicap : Le handicap est situationnel, ce qui signifie que, dans certaines situations, la personne peut se trouver en situation de handicap alors que dans d'autres situations, elle ne le sera pas.
De plus, la loi rappelle qu'un enfant, un adolescent, un adulte, un individu est avant tout une personne, c'est son humanité qui prime au-delà de tout dysfonctionnement ou de toute déficience qu'elle est susceptible de porter. Comme tout un chacun, la personne en situation de handicap doit pouvoir accéder aux mêmes droits, aux mêmes chances, aux mêmes possibilités que ces concitoyens.
Accompagner une personne en situation de handicap revient donc à identifier dans un contexte environnemental défini tous les obstacles qui pourraient l'empêcher d'accéder aux mêmes droits, aux mêmes chances, aux mêmes possibilités que ces concitoyens.
Pour rétablir le principe d’égalité, de citoyenneté, de participation, la loi propose d’agir non pas sur la déficience mais d’agir sur l’environnement, c'est-à-dire qu’il s’agit d’identifier et de supprimer tous les obstacles environnementaux et de mettre en place de facilitateurs pour modifier le contexte et rétablir une situation de départ qui soit équitable, il s’agit d’éliminer le désavantage subi par l’apprenant du fait de sa déficience dans un contexte particulier et défini.
La compensation et l’accessibilité sont les outils conceptuels et techniques pour éliminer le désavantage subi et pour garantir l’égalité des chances.
"Compensation et accessibilité ne sont pas "charitables", ce sont des droits éthiquement justes" (Marie Hélène BOUCAND).
Ils répondent à des besoins identifiés pour rétablir le principe d’égalité.
L’accessibilité s’adresse à tous. Son but est de rendre possible "l’accès à tout pour tous". Elle est de la responsabilité de tous les acteurs et des pouvoirs publics. Elle anticipe, agit en amont et propose de modifier l’environnement pour éliminer tous les désavantages possibles dans tous les domaines de la vie. C’est la rampe d’accès, le sous titrage, l’utilisation de pictogrammes dans la signalétique pour faciliter la lecture…
C’est aussi l’accessibilité intellectuelle. A l’école, dans une situation d’apprentissage, il s'agit de favoriser l’accès au savoir dans le cadre du parcours de formation. Les gestes pédagogiques adaptés répondent à cela.
L’accessibilité pédagogique est du ressort des enseignants et des équipes éducatives au sens large :
Le PAP, le PPRE et le PAI sont des dispositifs d’accessibilité.
La compensation a pour but de réduire l’incapacité ou la déficience lorsque l’accessibilité ne suffit pas à rétablir le principe d’égalité des chances. Elle s’adresse à un individu particulier dans une situation donnée. Elle est individuelle.
Elle intervient là où il y a un empêchement à accomplir des tâches de la vie quotidienne. Cela peut être le fauteuil roulant, une prothèse, un manuel en braille, l’utilisation d’un logiciel particulier.
La compensation est du ressort des Maisons Départementales de personnes handicapées (MPDH).
La compensation peut être :
Le PPS (pour les élèves), la RQTH (pour les apprentis) et les aménagements des épreuves d’examen (pour tous les apprenants) sont des dispositifs compensatoires.

Cela fait maintenant 2 années que Maelys, élève en première bac professionnel au lycée Louis Giraud de Serres, vit sa passion du cheval : « c’était mon rêve de faire régulièrement du cheval depuis que je suis toute petite, et je peux enfin le faire dans ce lycée, c’est trop génial ! » précise Maelys qui présente un handicap visuel.
C’est tous les vendredis après midi que Maelys complète sa formation scolaire en pratiquant l’option hippologie que propose le lycée Louis Giraud. Le centre équestre du Brégoux accueille une trentaine d’élèves de la seconde à la terminale, toutes filières confondues, et Maelys retrouve Europe, le cheval complice de son apprentissage : « Je pense toujours à ramener à Europe une pomme pour le remercier de sa séance de travail avec moi ! ».
La pratique et la progression de Maelys s’inscrit bien évidemment au regard de sa déficience visuelle. C’est Victoria, sa monitrice, et son professeur d’EPS qui l’accompagnent dans son projet et qui veillent au respect de son intégrité physique et sur sa progression. « Je sais aujourd’hui galoper et j’aime bien çà car c’est une nouvelle sensation, quelque chose que je n’avais jamais connue avant ! » s’empresse de confier l’intéressée.
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En plus de cette option, Maelys n’est pas en reste avec le sport car elle participe chaque semaine au cours d’EPS adaptée que propose le lycée. Les élèves qui présentent une ou des déficiences motrices ou qui sont tout simplement blessés se rendent sur un créneau horaire hebdomadaire durant lequel les professeurs d’EPS leur proposent un enseignement qui prend appui sur des activités physiques bien identifiées au regard des leurs aptitudes partielles. Ainsi, Maelys a travaillé au premier trimestre un combiné de course et de marche active et met en œuvre actuellement un programme de musculation personnalisée avant d’aborder du tir à l’arc et de l’escalade. « Je passerai des épreuves d’EPS adaptées pour mon bac comme les autres élèves et j’en suis très fière !».
Et Maelys de conclure : « J’aime bien ce lycée car je m’y épanouis ! », propos qui rappelle que l’école est aussi un lieu d’épanouissement et d’intégration où les différences se vivent bien.
Photos en pièce jointe : Maelys en action sur Europe / Maelys, Victoria sa monitrice et Maeva la bonne copine
Mise en œuvre de l’assistance pédagogique à domicile en faveur des élèves et étudiants de l’enseignement technique agricole atteints de troubles de la santé ou gravement accidentés (Note de service DGER/SDPOFE/N2013-2012 du 29/01/2013)